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Consommation : le réveil prudent des ménages français
Après une fin d’année 2025 atone, la demande intérieure montre enfin des signes de redressement. La consommation des ménages rebondit en janvier, tandis que la confiance progresse en février. Un frémissement encourageant pour la croissance 2026, même si l’inquiétude sur l’emploi demeure.
Une consommation qui repart après le trou d’air de décembre
Bonne surprise sur le front de la demande intérieure. Selon les dernières données publiées ce matin, les dépenses des ménages ont progressé de +0,5 % en janvier, après un recul de -0,5 % en décembre. Un rebond qui met fin à un mois de fin d’année particulièrement décevant, la consommation ayant peu contribué à la croissance annuelle 2025.
Dans le détail, la reprise est assez nette. La consommation de biens fabriqués a bondi de +1 % (après -0,8 %), tandis que les dépenses alimentaires ont également retrouvé des couleurs (+0,6 % après -0,5 %).
Pour les économistes, ce mouvement n’est pas anodin. Il traduit les premiers effets tangibles du reflux de l’inflation observé en 2025. La désinflation a été marquée : 0,9 % en 2025 contre 2 % en 2024. Et malgré un léger rebond des prix en février 2026 (+1,0 % après +0,3 % en janvier), la hausse des prix devrait rester contenue cette année, autour de 1,3 % selon la Banque de France.
Autrement dit, le pouvoir d’achat cesse progressivement d’être laminé par les prix, ce qui redonne un peu d’oxygène aux ménages.
La confiance s’améliore, l’épargne recule (légèrement)
La dynamique de consommation s’accompagne d’une amélioration graduelle du moral des Français. L’indice de confiance des ménages s’établit à 91 en février, contre 90 en janvier et 89 un an plus tôt. Certes, il reste nettement en dessous de sa moyenne de long terme (100), mais la tendance est orientée à la hausse.
Signal intéressant : la volonté d’épargner diminue. Le solde d’opinion jugeant qu’il est opportun d’épargner recule à 39 en février, après un pic à 45 en décembre 2025. Le niveau demeure supérieur à sa moyenne historique, mais le mouvement de décrue est notable.
Ce point est stratégique. En 2025, le taux d’épargne avait atteint 18,5 % du revenu disponible brut, un niveau élevé qui avait freiné la consommation. Une normalisation progressive pourrait donc soutenir plus franchement la croissance en 2026.
Les ménages se montrent par ailleurs plus optimistes quant à leur capacité future à épargner, un indicateur en hausse depuis deux mois. Leur perception de la capacité d’épargne actuelle progresse également.
Autre facteur de soutien : les anticipations sur le niveau de vie s’améliorent, avec un solde d’opinion en hausse de trois points. Le recul des anticipations d’inflation à 12 mois joue ici un rôle clé.
Le chômage, talon d’Achille de la reprise
Le tableau n’est toutefois pas exempt de zones d’ombre. Les inquiétudes concernant le chômage s’accentuent. L’indicateur correspondant progresse de deux points à 48 en février, bien au-dessus de sa moyenne de long terme (33).
Dans un contexte où le taux de chômage avoisine les 8 % et où l’industrie reste sous pression, cette nervosité sur l’emploi constitue un point de vigilance. Pour l’heure, elle ne semble pas remettre en cause l’amélioration globale du climat de confiance. Mais elle pourrait freiner les décisions de consommation si la situation du marché du travail venait à se dégrader davantage.


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